Buy My Car
En 1986, il suffisait de trois choses pour être heureux :
- Une Ferrari
- Une blonde
- Et une route qui ne finissait jamais
Le scénario tenait sur un ticket de caisse et pourtant, on y a tous cru: On ne jouait pas à Out Run pour gagner; on jouait pour rester en mouvement, pour entendre Magical Sound Shower une fois de plus, pour prendre ce virage qu’on ratait toujours et pour découvrir, au bout de la route, une nouvelle fin qui ressemblait étrangement à la précédente.
Quarante ans plus tard, les jeux affichent des rayons de soleil calculés en temps réel, des reflets sur la carrosserie et des milliers de voitures modélisées jusqu’à la couture des sièges mais il manque parfois un détail : Cette étrange sensation que huit couleurs et quelques sprites suffisaient à fabriquer des vacances.
Parce que Out Run n’était pas une simulation automobile, c’était une simulation d’insouciance.
On ne se demandait pas combien coûtait la Ferrari, ni si le plein était fait, ni si le passager avait vraiment envie d’être là.
On roulait – C’est tout.
Les consoles ont changé, les écrans sont devenus gigantesques, les graphismes sont presque réels et pourtant, dès que les premières notes de la bande-son résonnent, on redevient immédiatement ce gamin persuadé qu’une borne d’arcade pouvait contenir l’été tout entier.
Finalement, la plus belle prouesse technique d’Out Run, ce n’était peut-être pas sa pseudo-3D, c’était de réussir à faire croire qu’un simple trajet pouvait ressembler à une liberté infinie.
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