Till Dusk

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Till Dusk

On arrivait sans horaire précis, avec le sac qu’on traînait depuis le mois de mai, deux ou trois raquettes dont une de secours et une boîte de balles neuves dont le bruit à l’ouverture valait à lui seul le déplacement. La gourde n’était pas isotherme. L’eau était tiède au bout d’une heure. On s’en fichait complètement.

La journée s’organisait toute seule. Des sets, des tie-breaks, des discussions pour savoir si la balle était bonne ou faute, une pause de dix minutes sur le banc sans raison particulière, puis on repartait. Le temps n’existait pas vraiment. Il y avait juste la lumière — et tant qu’elle tenait, on jouait.

Le cordage, lui, avait le mauvais goût de céder parfois en plein milieu. Un lift trop appuyé, un claquement sec, et c’était la raquette de secours qu’on sortait du sac avec la résignation du golfeur qui casse son fer. Si la seconde raquette n’était pas là, la journée prenait fin prématurément. Deuil rapide, rancœur durable.

La fin de session, elle, était rituelle. Longer les bâches, écarter les buissons, récupérer les balles perdues au fond de l’herbe. Une à une. Parce qu’elles avaient un prix et qu’on en avait besoin pour revenir demain.

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