When We Were Five
Il y a un âge où il suffisait d’un ballon et d’un panier sans filet pour que tout le monde soit là.
Pas besoin de planifier trois semaines à l’avance, de vérifier les agendas, de créer un sondage sur un groupe WhatsApp que la moitié n’ouvre plus. On se donnait rendez-vous le dimanche matin, on enfilait des chasubles qui avaient connu des générations de sueur, et on jouait. Mal, souvent. Ensemble, toujours.
Ce qui disparaît avec l’âge, ce n’est pas l’envie. C’est la disponibilité collective. Les vies s’organisent, se spécialisent, s’éloignent géographiquement. Les enfants, les horaires, les week-ends chargés, les priorités qui se réécrivent sans qu’on l’ait vraiment décidé. Le groupe de cinq devient quatre, puis trois, puis un message sans réponse dans un fil de conversation qui s’appelle encore « Les Gars » ou « Basket du dimanche » et qu’on n’ose pas quitter parce que ça voudrait dire admettre quelque chose.
La solitude amicale est une des formes les plus silencieuses de la vie adulte. Elle n’arrive pas d’un coup. Elle s’installe progressivement, par accumulation de dimanches où personne n’a pu.
On ne perd pas ses amis. On perd juste le dimanche matin où on se retrouvait tous.
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