Juillet Sportif
Il existe un athlète dont on parle très peu : il ne porte pas de dossard, ne gagne jamais de médaille et ne figure dans aucun classement mondial.
En revanche, il est capable d’enchaîner un contre-la-montre du Tour de France, un quart de finale à Wimbledon, une étape de montagne, une demi-finale de Coupe du Monde disputée à minuit et le résumé de l’étape qu’il vient pourtant de regarder en direct, le tout sans quitter son canapé.
Juillet est une période étrange : on croyait avoir survécu à Roland-Garros, puis Wimbledon est arrivé, le Tour a commencé, le football a décidé qu’il n’avait pas terminé et, soudain, les journées ne sont plus organisées autour des repas mais des horaires de diffusion.
On mange avant le départ fictif, on décale les courses parce qu’il y a un tie-break, on se couche à deux heures du matin « juste pour voir la première mi-temps » et on se réveille avec la sensation d’avoir disputé soi-même les prolongations.
Le plus fascinant reste cette capacité à développer une expertise absolue : en trois semaines, chacun devient préparateur physique, directeur sportif, sélectionneur, tacticien, spécialiste du gazon londonien et expert en aérodynamisme.
Tout cela depuis le même coussin.
Parce que regarder du sport est devenu un sport : les pouces travaillent énormément avec la télécommande, les yeux parcourent plusieurs milliers de kilomètres, le cerveau analyse des centaines de ralentis et les jambes… elles se lèvent uniquement pour aller chercher une autre boisson fraîche pendant la publicité.
Au fond, juillet ne célèbre pas seulement les champions : il rend aussi hommage à tous ces sportifs de canapé qui terminent l’été épuisés sans avoir transpiré une seule fois.
Et c’est sans doute la seule performance qu’aucune montre connectée n’a encore réussi à mesurer.
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