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Le supporter moderne ne se contente plus de supporter. Il analyse, il décide, il recrute, il vire l’entraîneur — mentalement au moins — et il poste ses conclusions sur les réseaux avec l’assurance de quelqu’un qui a regardé beaucoup de matchs depuis son canapé.

L’amour du club est réel. Personne ne le conteste. Mais l’amour ne donne pas accès aux données GPS des joueurs à l’entraînement, ne remplace pas quinze ans de préparation tactique, et n’explique pas pourquoi le 4-3-3 ne fonctionne pas contre une défense à cinq. Ces détails n’empêchent pas grand monde de réclamer un mot sur le mercato.

Ce qui s’est passé, c’est une confusion entre proximité et compétence. Les réseaux sociaux ont donné à tout le monde un micro et l’illusion d’une tribune. On est passé du droit de gueuler dans les gradins — noble tradition, fondement de la culture supporter — au droit de peser sur les décisions stratégiques d’une organisation professionnelle. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Le fan veut être au cœur du jeu. C’est légitime. C’est humain. C’est aussi exactement ce que ressent quelqu’un qui regarde Top Chef depuis dix ans et commence à penser qu’il sait dresser une assiette.

Aimer un club, ça ne fait pas de vous un directeur sportif. Juste un très bon client.

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